Traitement

Information avant abord pour épuration extra-rénale

Ce texte devrait aider le lecteur à comprendre le problème énoncé en rubrique.

Au besoin, un chirurgien et un médecin anesthésiste rencontreront le patient en consultation préopératoire et lui expliqueront le déroulement spécifique à son cas pour cette intervention.

BUT DE L’INTERVENTION

Le médecin néphrologue qui a en charge un patient a besoin d’un abord veineux pour permettre de le dialyser (épurer son sang de différentes substances).

Cet abord veineux est constitué par une veine ou une prothèse la plus superficielle possible pouvant être ponctionnée à chaque séance de dialyse et dans laquelle doit circuler un flux sanguin suffisant.

MÉTHODES

La technique de base consiste à créer une communication (fistule) entre le système veineux et le système artériel, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une prothèse pour que la veine se dilate et soit aisée à piquer. Lorsque la veine est absente ou bien de mauvaise qualité (déjà utilisée ou ponctionnée à de nombreuses reprises ou de trop petit diamètre…), on est alors amené à utiliser une prothèse synthétique.

ANESTHÉSIE

L’intervention est pratiquée sous une anesthésie, soit locale, soit générale en fonction de l’endroit anatomique où la fistule doit être faite et aussi du cas particulier de chaque patient. L’anesthésiste expliquera au patient les avantages et inconvénients des différentes méthodes.

COMPLICATIONS POTENTIELLES

L’intervention la plus fréquemment réalisée est une fistule artério-veineuse entre l’artère et la veine radiale superficielle par abord chirurgical de celle-ci.

Dans la plupart des cas, la création d’une fistule artério-veineuse n’entraîne aucune complication et l’intervention est très bien tolérée. À l’occasion, cependant, il peut en survenir.

On peut alors observer :

  • Un retard de cicatrisation, une inflammation ou une infection au niveau de la cicatrice cutanée. Ces lésions pouvant aller jusqu’à la formation d’un abcès.
  • La formation de chéloïdes c’est-à-dire de cicatrices hypertrophiques, épaissies, brunâtres et douloureuses.
  • Des lésions nerveuses de nerfs sensitifs en particulier au niveau du pouce et de la face dorsale de la main avec des zones d’anesthésie ou au contraire d’hyper-esthésie peuvent se voir.
  • Une hémorragie au niveau de la suture artérielle pouvant être responsable d’un saignement extériorisé ou d’un hématome.

Ces complications sont rares et elles peuvent être corrigées assez facilement.

Il arrive plus fréquemment :

  • Une thrombose c’est-à-dire une formation d’un caillot qui vient boucher la fistule créée. On peut souvent débloquer la fistule par diverses ré-intervention. Dans le pire des cas la fistule sera inutilisable et il faudra en créer une nouvelle.

Lorsque la fistule fonctionne correctement, la veine superficielle va se dilater parfois de manière importante formant un cordon sinueux sous la peau. La sensation d’un frémissement (thrill) voire l’audition d’un bruit continu au niveau de la zone de la fistule correspondent à une évolution normale.

Certaines complications peuvent survenir plus tardivement telles :

  • Une thrombose soit spontanée, soit lors d’une compression après une séance de dialyse.
  • Une infection favorisée par les ponctions.
  • Un dysfonctionnement de la fistule par sténose (rétrécissement sur l’un des versants artériels ou veineux de celle-ci) aboutissant à une diminution de débit dans la fistule, ne permettant pas la dialyse dans de bonnes conditions.
  • Dans certains cas, il peut également y avoir un « vol » : la plus grande partie du sang artériel passant dans la fistule et la circulation artérielle de la main se trouvant alors insuffisante.

EN CONCLUSION

Toutes ces complications, quelles qu’elles soient, peuvent être corrigées par une nouvelle intervention médicale ou chirurgicale.