| Lorsqu’il
pleut
UUn homme de 68 ans se rend à l’hôpital
car il a des douleurs crampiformes aux deux mollets avec
engourdissement au pied gauche. Le pouls fémoral
gauche est absent. Un diagnostic clinique d’ischémie
aiguë est fait. Le patient s’améliore
sous héparine intraveineuse. Un angioscan démontre
un thrombus au niveau de la bifurcation aortique avec occlusion
de l’artère iliaque commune gauche (réf.
figure 1). Une embolectomie est prévue mais le patient
coronarien se plaint d’une douleur épigastrique
aiguë. Un angioscan est refait et révèle
une occlusion nouvelle de l’artère mésentérique
supérieure malgré l’héparine
intraveineuse thérapeutique (réf. figure 2).
Le décompte plaquettaire est normal.
Il est opéré en urgence et une embolectomie
de l’artère mésentérique supérieure
permet de corriger l’ischémie mésentérique
aiguë. Devant cette deuxième embolie, l’héparine
intraveineuse est continuée car la source des embolies
est toujours présente. Une échographie cardiaque
démontre un anévrysme akinétique apical
avec un thrombus frais pédiculé et mobile
au niveau de l’apex du ventricule gauche. Le lendemain,
une plégie du membre inférieur gauche est
noté. Le patient bouge très bien l’hémicorps
droit. Il n’a pas de retrait à la douleur au
membre inférieur gauche. Il bouge un peu le membre
supérieur gauche avec diminution du tonus. On note
des réflexes ostéotendineux plus vifs à
gauche et un cutané plantaire neutre à gauche
et en flexion à droite. Le patient n’a pas
de pouls au membre inférieur gauche mais le pied
est bien coloré et chaud. Un signal doppler artériel
est perceptible au niveau de l’artère tibiale
postérieur. Le mollet gauche est souple. Devant la
sévérité de la plégie, le diagnostic
d’ischémie aiguë semble improbable, mais
un diagnostic d’accident vasculaire cérébral
est posé. Un scan cérébral précoce
ne démontre pas de lésion. Devant les 3 épisodes
emboliques répétitifs touchant 3 territoires,
dont 2 épisodes survenus sous anticoagulation thérapeutique,
une intervention au niveau cardiaque est offerte : 2 thrombus
seront retirés du ventricule gauche : l’un
fixe de 1.5m2 sur paroi du ventricule gauche et l’autre
de 2-3cm2 complètement mobile. L’anévrysme
apical est corrigé et un pontage coronarien est fait
(réf. figure 3).
L’évolution par la suite est favorable. Après
la pluie, le beau temps!
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Figure 1: On note une embolie au niveau de la bifurcation
aortique avec thrombose de l'artère iliaque
commune gauche
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Figure 2: On note une thrombose de l'artère
mésentérique supérieure
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Figure 3, la réponse: Les flèches
démontrent une embolie au niveau de l'artère
mésentérique supérieure
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Stéphane Elkouri, MD
Spécialiste en chirurgie vasculaire
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